Pour réduire le bruit en open space, commencez par repérer les activités qui se gênent : appels, échanges entre collègues, déplacements et travail de concentration. Le choix des séparations, des matériaux et du mobilier vient ensuite, à partir de cette observation et, lorsque nécessaire, d’une évaluation acoustique.
Dans son communiqué du 12 octobre 2026 consacré au baromètre Bruit et Santé auditive au Travail, l’Association Nationale de l’Audition indique que 64 % des répondants travaillant en open space se déclarent gênés par le bruit. Il s’agit d’un ressenti déclaré dans une enquête, pas d’une mesure acoustique des bureaux. [1] Ce résultat invite les entreprises à examiner les conditions dans lesquelles leurs équipes travaillent.
Observer les usages avant de choisir une solution
Pendant quelques journées représentatives, demandez aux équipes de noter les moments et les lieux où elles sont dérangées. Complétez avec une observation du plateau : les conversations viennent-elles des postes voisins, d’un espace de pause, d’une salle mal fermée ou d’une circulation très fréquentée ?
Cette étape évite de traiter tous les bureaux de la même manière. Une équipe qui échange en permanence avec des clients a des besoins différents de collaborateurs qui rédigent des contrats. L’INRS propose précisément une démarche progressive associant observation, prise en compte de l’activité et, si nécessaire, évaluation spécialisée. [2]
Organiser des espaces compatibles avec les activités
Dans un exemple fictif, un service commercial passe de nombreux appels à côté d’une équipe qui prépare des dossiers administratifs. Placer une nouvelle cloison entre deux bureaux peut aider dans certains cas, mais il faut aussi regarder où les échanges ont lieu et où les personnes circulent.
Étudiez plusieurs organisations : rapprocher les collaborateurs qui doivent parler ensemble, réserver une pièce aux appels longs ou éloigner un poste de concentration d’un passage fréquenté. Associez les salariés au choix et vérifiez que les nouveaux espaces restent réellement accessibles aux moments où ils sont nécessaires.
Une salle destinée aux appels perdra son utilité si elle sert en permanence à stocker des cartons. Les règles d’usage et la disponibilité font partie du projet d’aménagement au même titre que le mobilier.
Distinguer absorption du son et isolation entre espaces
Un matériau absorbant contribue à limiter la réflexion du son dans une pièce. L’isolation vise à réduire sa transmission vers un autre espace. Ces objectifs demandent des solutions différentes : des panneaux décoratifs ne suffisent pas, à eux seuls, à garantir la confidentialité d’une conversation.
L’INRS recense plusieurs principes de correction selon les situations, notamment l’organisation des zones et le traitement acoustique du local. [2] Demandez au professionnel quel problème précis chaque élément doit résoudre et comment le résultat sera évalué. Pour une pièce de réunion, examinez aussi les portes, les ouvertures et les contraintes de ventilation.
6 exemples concrets d’aménagement pour réduire le bruit
Une conversation qui porte dans tout le bureau, des pas dans le couloir ou une imprimante trop proche ne se traitent pas de la même façon. Voici six situations types et des pistes d’aménagement à adapter à vos locaux.
1. Des séparations acoustiques entre les postes de travail
Exemple : sur un îlot de quatre bureaux où les appels sont fréquents, prévoir des séparateurs acoustiques entre les postes face à face et côte à côte. Leur hauteur et leur composition doivent permettre de freiner le passage direct du son, avec des faces absorbantes. Une séparation basse purement décorative ne remplit pas le même rôle. Préservez aussi la lumière naturelle et les échanges nécessaires à l’équipe. [6]
2. Un plafond absorbant ou des panneaux suspendus
Exemple : dans un plateau au plafond en béton apparent, étudier la pose d’un plafond acoustique ou de panneaux absorbants suspendus au-dessus des postes. Ils limitent les réflexions sonores qui entretiennent le bruit ambiant. La surface traitée et la pose comptent : quelques petits éléments dispersés ne garantissent pas un résultat suffisant. [2]
3. Des panneaux muraux dans les zones qui résonnent
Exemple : dans une salle de réunion aux murs nus, installer des panneaux acoustiques sur les surfaces disponibles. Ils absorbent une partie du son réfléchi et complètent le traitement du plafond. Pour éviter que les discussions soient entendues dans le bureau voisin, il faut aussi examiner l’isolation des cloisons et de la porte. [2]
4. Un revêtement de sol qui atténue les bruits de pas
Exemple : lors d’une rénovation, remplacer un sol dur dans une circulation proche des bureaux par une moquette en dalles ou un revêtement souple présentant des performances acoustiques adaptées. L’effet recherché concerne surtout les bruits de pas et d’impact. Ce choix ne suffit pas à atténuer les conversations et doit rester compatible avec l’entretien des locaux. [6]
5. Une pièce ou une cabine dédiée aux appels
Exemple : lorsqu’un collaborateur participe régulièrement à des visioconférences, prévoir une petite pièce fermée ou une cabine acoustique pour qu’il puisse quitter le plateau pendant ses échanges. Le nombre d’espaces doit correspondre aux besoins simultanés de l’équipe. Vérifiez leur isolation réelle, leur ventilation et le confort d’utilisation, notamment pour les appels longs. [5]
6. Un espace d’impression séparé des postes de concentration
Exemple : si le photocopieur se trouve juste derrière les personnes qui rédigent des dossiers, le déplacer dans un local dédié, éloigné des postes et correctement isolé. On limite ainsi l’exposition au bruit de la machine et les passages autour des bureaux. Le local doit rester adapté au fonctionnement de l’équipement, notamment à sa ventilation. [2]
Tester une zone puis mesurer le résultat
Lorsque la configuration le permet, commencez par une zone pilote. Définissez ce que vous souhaitez améliorer avant les modifications : moins d’interruptions pendant la rédaction, des appels moins audibles depuis les postes voisins ou des échanges confidentiels mieux protégés.
Après quelques semaines, recueillez à nouveau les observations des utilisateurs dans des conditions comparables. Une période de faible présence au bureau peut donner une impression trompeuse. Si le problème persiste ou demande une mesure objective, faites intervenir un spécialiste de l’acoustique.
Profitez du projet pour vérifier la lumière, les accès, les circulations et la disposition des postes. L’INRS rappelle l’intérêt d’intégrer la prévention dès la conception des espaces de bureaux. [3] Une amélioration sonore doit rester compatible avec le fonctionnement quotidien de l’équipe.
Questions fréquentes
Faut-il remplacer tout le mobilier pour réduire le bruit ?
Pas systématiquement. Le diagnostic peut conduire à revoir les usages ou la disposition des équipements. Les achats viennent répondre aux problèmes identifiés, avec une évaluation du résultat attendu.
Une cabine acoustique règle-t-elle le problème d’un open space ?
Elle peut répondre à certains besoins d’appels ou de confidentialité. Son utilité dépend de son emplacement, de sa performance, de sa ventilation et de sa disponibilité ; elle ne traite pas automatiquement tout le plateau.
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